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Papa!

  Papa, Si j’avais su que dans tes silences Il y a avait tant de mots et de tendresse à fleur de peau, Cachés ! J’aurais appris à les écouter Comme on écoute le vent Qui joue au messager. Si j’avais su que tes peurs indicibles Portaient si souvent mon prénom Et que tes larmes se cachaient Dans l’ombre de tes nuits, J’aurais appris à les voir Comme on voit l’eau pure Qui s’écoule sans bruit. On croit qu’un Papa ne pleure pas ! On croit qu’un Papa ne tremble pas ! On croit qu’un Papa ne faiblit pas ! Qu’il est dur ! Qu’il est lointain ! Si j’avais su ! J’aurai appris à aimer Sans voir, les yeux fermés. Ce petit mot de rien du tout, C’est ma petite main d’enfant dans la tienne, Comme un merci murmuré A la sentinelle que je n’avais pas vue Dans le silence de la nuit… Pour dire Merci ! Pour cet amour discret Qui éclaire aujourd’hui mon chemin!

Eloge de la pensée

C’est ici que j’aime venir à chaque grande étape de ma vie poser mon sac. Le tumulte incessant des vagues couvrent tout et le roulement des galets aux vagues incessantes sont autant de tambours dans la bataille qui poussent vers l’avant le vieux grognard que je suis devenu, couvrant de leurs va-et-vient bruyants et réguliers la petite voix des doutes qui m’assaillent. Ici, face à l’infini, le regard de l’âme accroche l’écume et goûte au sel de la vie, de vague en vague. Emportés par le vent, un à un, les doutes s’effilochent et la pensée se libère pour ne voir plus que l’horizon qui s’embrase au soleil couchant. Là bas, derrière la ligne où tout se confond, tout devient possible, j’en suis certain. Et voici que l’âme s’élève par-dessus les vagues, semblable à l’écume, au-dessus des galets et gronde avec eux sa foi en la vie. Mais de quoi doutais-je déjà?