Eloge de la pensée
C’est ici que j’aime venir à chaque grande étape de ma vie poser mon sac. Le tumulte incessant des vagues couvrent tout et le roulement des galets aux vagues incessantes sont autant de tambours dans la bataille qui poussent vers l’avant le vieux grognard que je suis devenu, couvrant de leurs va-et-vient bruyants et réguliers la petite voix des doutes qui m’assaillent. Ici, face à l’infini, le regard de l’âme accroche l’écume et goûte au sel de la vie, de vague en vague. Emportés par le vent, un à un, les doutes s’effilochent et la pensée se libère pour ne voir plus que l’horizon qui s’embrase au soleil couchant. Là bas, derrière la ligne où tout se confond, tout devient possible, j’en suis certain. Et voici que l’âme s’élève par-dessus les vagues, semblable à l’écume, au-dessus des galets et gronde avec eux sa foi en la vie. Mais de quoi doutais-je déjà?