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Affichage des articles du 2021

Naître et mourir

Naître et mourir, deux verbes que la langue décline en une multitude d'expressions que peu d'autres mots suggèrent à l'esprit. Il est vrai que, pour nous autres humains en recherche perpétuel de sens,  ces deux mots-là sont lourds de conséquences. Ils sont en effet notre alpha et notre oméga, le début et la fin... À bien y réfléchir, naître ne donne pas lieu à tant d'expressions que cela. Sans doute parce que les bonnes choses se disent simplement... On naît par voie naturelle ou par césarienne. On naît d'une rencontre d'un homme et d'une femme, d'un élan irrésistible, in utero. Du moins était-ce la règle... Car si Madame est toujours présente, Monsieur est lui fortement concurrencé par les pipettes et autres tubes de la science. Je me demande d'ailleurs jusqu'à quand nous aurons besoin de lui... En somme naître se résume à deux options et quelques variantes, les options pouvant s'aménager : naître naturellement "à la bonne franquette&qu

Au regard d'une femme...

 Si je savais l'effet des ailes du papillon, J'ignorais la toute puissance du battement de cils, au-dessus du regard d'une femme, Sur le cœur de l'homme. Si je savais la beauté colorée des coreaux délicatement posé au fonds des eaux translucides, Je ne me doutais pas qu'il y eut ainsi au fond du cœur d'une femme cette même magie! Et voilà que la brute épaisse qui s'enorgueillit de sa toute puissance devient soudain aussi doux qu'un agneau ! En apesanteur, suspendue dans le vide, entre deux battements de paupières elle oscille, la brute, avec grâce ! Un danseur est né ! Ah ! Si nous avions tous un regard pour nous faire danser, le monde serait plus doux !  Angers, en attendant mon train...  08 novembre 2021.

Quand l'amour s'éteint

Ah ! l'imbécile heureux qui s' est donné à ce cœur-là ! Ce cœur qui l'avait jadis serré si fort contre soi, ce cœur aujourd'hui si froid qui l'avait jadis porté à la force de ses bras, bien au chaud tout contre lui et qui aujourd'hui le retient à peine du bout des lèvres, juste du bout des doigts...à peine !  Avant de sombrer au grand précipice des amours mortes, avant de couler dans les eaux froides et sombres de l'indifférence, comme j'aimerais lire encore dans ce regard qui se décroche les éclairs et les tempêtes passés qui emportaient ces deux cœurs liés à la vie, à la mort.  De la lumière à l'ombre, il n'est qu'un pas que les nuages sombres accompagnent au vent d'un amour qui s'en va dans le curieux silence d'un dernier orage. Le début et la fin ne sont que les rives d'un même fleuve. Ils se tenaient au milieu du hall, le visage fermé, sans voir que le vent de leur histoire les poussait sur cette berge fatale où ils s'

Mon Dieu, donne-moi le silence

 Mon Dieu,  Combien, plongés dans l'adversité, privés de tout repère, T'appellent à leur secours ? Combien se souviennent, dans la souffrance, de Ton existence et de Ta bonté ? Combien qui T'ignoraient de leur crasse suffisance, agenouillés à Tes pieds Te prient à grands cris dans l'adversité ?  Comme Tu manques à leurs vies soudain ! Comme il faudrait que Tu sois là ! Comme il faudrait que Tu les tires de Ton côté, les arrachant aux douleurs de la vie !  Et voilà, maintenant qu'ils Te reconnaissent enfin, que Tu restes silencieux, indifférent à la souffrance qui les accable ! Et voilà qu'il faudrait que Tu agisses à chaque battement de leurs cœurs douloureux ! Que Tu ôtes à leurs fronts de suppliciés leurs minces épines ! Que Tu leur épargnes leurs si petites croix ! Et les rendes à la vie ? Ô Seigneur, Ô mon Dieu et mon Sauveur, j'ai bien peur d'être de ceux-là ! J'ai bien peur de ne pas valoir mieux, à vouloir  que Tu me prennes à chaque douleur d

La Pie qui chante

A un soldat mutilé et découragé, sur la tombe encore toute fraîche de son époux tombé au combat, une jeune femme dit avec une infinie tendresse : "C'est vrai, tu es mutilé, mais à l'intérieur, tu es toujours le même! Ne te décourage pas, un jour tu retrouveras l'amour... .". Cette scène  dépouillée d'un  film  est splendide d'humanité ! Celle qui vient de tout perdre et qui pourrait se lamenter vient offrir un futur à celui qui a survécu à son camarade...  Cette opposition entre " l'intérieur" et "l'extérieur" de ce blessé est venu brutalement s'inviter en moi, plongé dans un cycle récurrent et symptomatique Covid long depuis une dizaine de jours. Ne me demandez pas pourquoi !  À  "l'extérieur", je suis toujours le même, à quelques kilos et cheveux blanchis près. Ceux qui m'ont connu jeune et qui ne m'ont pas vu vieillir sont souvent frappés: " T'as pas changé, vieux !" Et oui ! "Pimo

Une âme au désert des mots perdus....

 Assis au sommet d'une barcane,  Sur un siège d'adobes brûlantes,  Dessous la voussure céleste,  J'admire le scintillement du soleil Ouroboros chatoyant Sous lequel brasille le sable brûlant.  Je baguenaude ainsi sans but,  En cette thébaïde merveilleuse  Où nul oiseau ne zinzinule !  Ô ! douce ataraxie sous un ciel omineux,  Que l'astre suprême rubifie !  Ô ! mortelle assuétude où je me pâme!  Spendeur des reflets zinzolins Dont s'adornent les dunes sauvages !  Iridescence d'une âme évaltonnée Que les scabieuses  rudérales brouies Tirent sans chafouineries mesquines D'un songe synopsique !  Le désert rend ainsi aux âmes éclamées La juste et merveilleuse théodicée Qu'une acédie tristement coupable  Avait rendue hélas pellucide  À leur beau regard cérulé,  Derrière l'ocelle des pupilles fermées.  Hambourg, 26 septembre 2021 LEXIQUE  Barcane: dune en forme de croissant.  Adobe: brique d'argile, de paille et d'eau.  Voussure: voûte.  Ouroboros:

Français, lève-toi et marche !

Pour chaque peuple, il existe trois temps: le passé, le présent et le futur. Le passé, n'est pas toujours simple... Il est souvent le résultat d'une histoire où s'entremêlent guerres intestines, luttes de pouvoir, défaites ou victoires, toutes ces choses qui peu à peu forgent une Nation sur la scène du monde.   Le présent, lui, est souvent indicatif... Il est en effet suspendu entre son origine, qui nous parle d'hier, et son avenir qui nous promet demain. Ce n'est probablement pas tout à fait par hasard qu'il prend sa place juste là, à la charnière entre ce que nous avons été et ce que nous pourrions être... Le passé est un temps qui n'est plus, tandis que le futur est un temps qui n'est pas encore. C'est un temps "à venir", plus ou moins chargé de promesses, selon ce que nous faisons du emps présent. Un peuple peut toujours choisir entre regarder par dessus son épaule sa grandeur passée et croire que le rêve se poursuit et tenter de vivre

Plaidoyer d'un expatrié pour la langue française...

 J'ai passé de nombreuses années en terre étrangère, près de la moitié de ma vie. J'y suis même né... Sans prétendre être un expert, je suis le témoin de ce que le Français ne laisse jamais indifférent ! Autant sa suffisance crasse agace que son art de vivre suscite une certaine admiration. Ah ! le Français et sa langue... En voilà deux qui vont bien ensemble !!!   Le Français et sa langue, le français ! Voyez, chers amis, comme une simple lettre change tout ! D'une majuscule, on fait un homme ! D'une minuscule, le voilà qui devient langue... Car les mots, lettre après lettre, ont ce pouvoir de dire de nous ce que nous sommes. Mot après mot, ils donnent à l'âme cette faculté de prendre corps dans une subtile alliance de vocabulaire, de grammaire et de syntaxe et révèlent la pensée. Révéler la pensée, se faire comprendre ! Partager, expliquer, faire rêver,... , voilà la fonction première d'une langue ! Même parler pour ne rien dire nécessite de passer par ce proc

A toi, la femme afghane

 A toi, la femme afghane que les nations libres abandonnent à de cruels tourments,  Soulagées du poids d'une guerre au goût violent d'inachevé et d'inutile, Jetant sur leurs abandons honteux le voile pudique qui couvre désormais d'une toile épaisse jusqu'à tes yeux !  À toi, ma sœur en humanité à nouveau recluse derrière la grille absurbe Qui te cache au monde qui t'abandonne !  À toi, ma pauvre captive, à ton regard que je ne verrai plus, à tes sourires effacés, À tes rêves envolés, tes espoirs déçus...  Tes larmes sont les miennes et se mêlent au douloureux souvenir de mes frères d'armes, tombés sur cette terre lointaine Pour que cela ne soit plus !  Dans ta prison de toile, puissent leurs visages éclairer la nuit qui te recouvre, Et leur sang versé au nom de la Liberté Emporter au loin le désespoir qui t'accable !  Que tes fils, à leur exemple se lèvent pour te rendre au jour, comme eux se sont levés !  A toi, la femme afghane et à tes sœurs de par le

Faut-il qu'on me rebranche ?

Faut-il qu'on me branche pour qu'un sourire illumine mon visage ? Qu'on me débranche pour qu'expire dans mes yeux cet air triste ? On! voici que je souris... Off ! voici que je pleure...  Ma vie ne tient-elle qu'à un fil conducteur de couleur ?  On ! survolté... Off ! déconnecté... Mais comment savoir si je virevolte ?  En basse tension, en haute saison ? Off ! Privé de courant...  En haute tension, en basse saison ??  On ! Raccordé au réseau...  Je n'ai pas prise sur moi !  Coupure de courant en attendant  Que revienne le vent? Faut-il qu'on me rebranche vraiment  Aux horloges du temps Que cesse ce clignotement incessant  Entre le jour et la nuit? HAMBOURG, le 25 août 2021

Le masque

 Alors que beaucoup attendent sa fin après l'avoir tant espéré, le jugeant à jamais inutile, disgracieux, associal, bien vite rangé au rang des ennemis de la liberté individuelle qui s'affale désormais en terrasse des cafés, à l'ombre des parasols, serais-je le seul qui, malgré soi, je voudrais le croire, regrette déjà ce masque pandémique ? Il donnait, c'est vrai, des signes qui me parlent au-delà de l'obligation de le porter. Imaginez ce qu'il disait derrière le bleu ciel presqu'uniforme. Je te protège, tu me protéges, nous nous protégeons. Fraternité ! Solidarité !  Qu'en sera-t-il demain ?  Ils donnait à vos yeux une flamme en reflet de vos âmes, comme un petit air mystérieux, une douceur inconnue où j'aimais à me perdre. Il y a tant à lire dans les yeux qui disent tout haut, tout fort, ce que les lèvres taisent trop souvent de colère, de tendresse ou d'interrogation et de surprise ! Le regard ne ment pas: il scrute, fixé à vos yeux, dévisage

L'autre...

Qui est donc l'Autre ? C'est selon vous dirais-je. Car l'Autre...  ...  C'est celui qui ne fait rien de bien comme vous, celui qui sait toujours tout sur tout, celui qui se croit toujours au-dessus de tout et qui se la joue... C'est celui qui ne tient pas ses promesses, vend son âme pour les honneurs, s'attribue le mérite des autres obstinément et s'en fout... L'Autre est tout ce qu'on ne veut pas être, tout bouffi de certitudes, engoncé dans son manteau de servitudes, tout ce qu'on ne peut pas être injustement, l'exemple à ne pas suivre surtout.. Comme il est laid et misérable, cet égoïste, ce menteur, ce bellâtre, ce bon à rien ! Comme on est heureux de ne pas être lui ! Merci Seigneur de m'avoir fait tel que je suis ! Mais l'Autre c'est aussi...  ... Celui qui m'a donné la vie, celui qui a fait de moi un frère, un ami, un fiancé. Celui qui m'a fait époux, père, compatriote et frère d'armes, et tant d'autres stat

Le syndrome de l'escargot

 Et l'ami ! Il est temps de sortir de ta cabane maintenant et de profiter du retour des beaux jours! Ça y est, ils l'on dit: d.é.c.o.n.f.i.n.e.m.e.n.t ! Sors un peu de ta coquille, le monde t'attend ! À ces mots, ne se sentant plus de joie, l'escargot sort la tête. Il est tout heureux! Il peut enfin ouvrir les yeux et cesser de rêver à d'improbables plaisirs qui désormais lui tendent les bras, hors de sa cabane. La pauvre bête en bave de désirs à satisfaire. C'est que vous ne savez pas ce qu'il vient de vivre, enfermé dans sa coquille, son masque sur le nez, à regarder le temps s'écouler dehors, sans lui ! Et maintenant, voilà qu'il voit de sa fenêtre le renard et la belette danser en terrasse, visages au vent, humant l'air avec gourmandise à chaque pas. Le visage au vent !!  À cette vue, n'en pouvant plus, le voilà qui sort si vite qu'il se retrouve dehors tout nu ! Ni masque sur le nez, ni coquille sur le dos, sa cabane derrière lui. O

Le petit prince

 Allongé sur le sable, il ne bouge plus. Son visage paraît bien pâle sous le soleil qui frappe durement. A ses côtés, debouts, de longues silhouettes blanches jettent une ombre timide sur le corps étendu. Les meilleurs médecins du royaume sont réunis auprès de lui. Qui les a appelés, nul ne sait ! Mais ils sont là qui se pressent auprès du petit Prince, couché dessus le sol.  Inquiets, ils cherchent comment rendre un semblant de vie à ce petit être perdu qui ne sait plus très bien ce qu'il fait là, la face contre terre, à bout de souffle. Chacun tourne en silence les lourdes pages de son bréviaire, en vain. Pas une ombre d'explication sous ce soleil de plomb ! Mais un petit Prince qui, lui, n'est plus que l'ombre de lui-même alors que sa vie s'écoule grain à grain entre leurs mains. Rien n'y fait, le petit Prince s'étiole en silence sur le sable brûlant.  Il voudrait pouvoir le leur dire, mais rien ne vient ! Bon sang ! Qu'attendent-ils pour  lui dessine

Fraternité

 À toi, mon amie, jadis réclamée à grands cris par une foule avide de liberté, accusant son roi de tous les  malheurs affreux qui sans fin la submergent, À toi, ma pauvre, rejetée sans vergogne par cette foule qui t'accuse de tant de maux pour un artifice disgracieux, antisocial, rangé si vite au placard des objets inutiles,  Derrière mon rideau de brumes éternelles aux carreaux de mes  verres, d'un souffle court, presque asthmatique, je voudrais dire à tous ceux qui s'agacent: Allons, mes amis, ne sommes pas tous tenus par notre devise qui énonce aux frontons de nos édifices ce mot magnifique qu'aucun de nous ne saurait juger si futile?  Fraternité, éternelle demoiselle effacée de nos cœurs, je te chéris en ces temps où les atours de ta sœur Liberté, en costume de fête s'installent en terrasse ! Qu'aucun jamais n'oublie  tout ce qui se cache de beau et de grand dans ces lettres, de renoncement, de partage, d'attention qui jamais n'outragent !  21 ma

Au fil de soi

 Au fil de soi, on découvre parfois la face cachée d'un moi qu'on croyait connaître et qui tient plus du poisson rouge décrivant des cercles incessants derrière ses yeux globuleux, dans son bocal de verre. S'il semble chercher son chemin, sa ronde paraît bien incongrue, répétée à l'envi , de bulle en bulle sans variations. Le pauvre a tout d'une âme en peine, condamné à tourner sur lui-même sous les regards, affublé de son collibet ridicule. Danse, pauvre Bubule ! Danse !  Au fil de soi, on s'aperçoit qu'on est souvent nu comme un ver dans son cocon, solidement arrimé à son quant à soi. Bien accroché sur sa branche, le pauvre ignore encore le destin qui l'attend au palais des gourmands. Il file sereinement jusqu'à l'étuve. La pauvre chrysalide laisse sa maison en héritage à celui qui le tue ! File mon fils ! File ! La vie continue...  Au fil de soi les rencontres étonnent le marcheur qui voyage, persuadé d'être seul sur les   chemins escarpés

Tu mouriras !

 Tu mouriras !  Je n'avais jusqu'à présent jamais prêté attention à cette sinistre prédiction. Je ne sais si c'est à cause de ma jeunesse, laquelle donne cette heureuse et naïve insouciance à celui qui a la vie devant soi, ou en raison de l'horreur de ce barbarisme grammatical qui pousse le lettré à bannir et le mot inconvenant et le concept auquel il prétend donner corps. J'avoue ici que cette tournure me faisait plus mourir de rire que mourir tout court...  Je mou-rirai donc un jour. C'est ainsi, je crois, qu'il faut l'écrire. Le trait d'union me semble en effet de nature à favoriser l'union improbable entre deux notions que tout oppose en apparence mais que la sagesse populaire a déjà rassemblées dans son expression. Il me semble surtout que si je m'affranchis de la très noble Académie française et du Becherel je ma rapproche par cet usage incongru, mais  conscient et assumé, de ma foi et de la très Sainte Bible, laquelle nous enseigne que

Comme la lune

 Je suis comme la lune, suspendu dans le vide au milieu de la nuit. Comme elle, je me lève et me couche au grès du temps; comme elle je luis palot sur la scène de ma vie, au milieu des miens. Comme elle, tantôt je grandis, tantôt je rapetisse sur le calendrier de la maladie. Et parfois même je me cache derrière les nuages de mon cœur aux yeux qui m'épient et rêvent de me reconquérir un jour. Comme elle, je surgis de derrière ce rideau de grisaille qui se déchire, plus petit ou plus grand, au gré des vents. La lune est solitaire dans son ciel d'ombres et de lumières, au milieu des étoiles qui scintillent autour d'elle sans jamais rien changer à chaque aube nouvelle, indifférentes à cette sœur qui ne cesse de n'être jamais la même. Je vais comme elle, présentant à vos regards la même face éternelle, celle qui donne à penser qu'elle brille tranquillement tout là haut pour éclairer vos nuits . De l'autre côté est la face, pudiquement cachée aux regards qui la scrute

À ceux à qui ont vole soit disant...

 La Covid ne tue que les plus fragiles. Pour les autres, c'est moins pire qu'une bonne grippe ! Vous avez raison... Moi, il ne m'a pas tué ! Il m'a juste pris celui que j'étais, toujours en mouvement, l'esprit alerte, attentif aux autres, les idées claires clairement exprimées, les mots adaptés... Je suis à l'école de l'humilité et j'apprends à n'être plus moi-même ! J'apprends à ne plus trouver mes mots, à les confondre, à me perdre au beau milieu d'une phrase ! J'apprends à renoncer après quelques minutes d'effort, le souffle court ! J''apprends à faire la sieste, comme un vieux ou un nourisson, faute d'énergie ! J'apprends à supporter les regards interrogateurs de mes proches qui peinent à me suivre, leurs éclats de rires quand un mot impromptu vient prendre la place d'un autre ! J'apprends à sourire malgré tout et à faire bonne figure... J'apprends à ne pas m'offusquer de tel ou tel symptômes qu

Je suis....

 Depuis quelques jours je plane dans une sorte de coton mouvant, parcouru d'éclairs fugaces qui naissent où siège d'ordinaire la pensée et meurent le long de ma colonne, sorte de RC 4 réinventée; les yeux semblent vouloir danser et esquissent des pas de valse alcoolique tandis que des muscles oubliés, sinon inconnus, veulent s'y joindre et se rappellent à moi, en manque d'antalgiques....  Le cœur semble se briser, cavalier spasmodique d'une pensée erratique qui peine à savoir et le pas déjà fait et celui qui vient après... et le corps paraît soudain chuter avant de remonter dans un numéro d'équilibriste mal maîtrisé... Au cirque de Pékin, je suis le clown, le corps désarticulé à l'image de son propos, sur une corde raide et qui fait rire les enfants à gorge déployée. Il sourit, mais dedans, les larmes coulent en silence de son âme meurtrie. Car le clown est triste, comme chacun sait et ne fait rire que pour oublier son vague à l'âme... Au panthéon de la

Dessiner un homme...

Bien installé dans mon siège, éclairé par la liseuse, je me laisse bercer par les grincements des voitures sur les rails, à grande vitesse. Mon esprit divague au gré du paysage qui défile dans ses habits printaniers devant ma fenêtre. Que puis-je faire pour tuer le temps de ce trajet qui me ramène à la maison auprès de ma chère épouse et de nos filles ? Elles sont six à m'attendre, sans compter notre aînée... Je fais un métier d'homme, mais je vis au milieu d'un bataillon d'Amazones...  Il me prends soudain une envie folle: créer un homme ! Pourquoi cette envie brutale ? Je ne n'en sais rien, mais ce sera un homme, pas une femme ! Pourquoi ?  Puisqu'il faut répondre à la question, je cherche une réponse. Je ne suis pas un artiste....   Ni démiurge, ni peintre, ni sculpteur, je manie mieux l'explosif et la tronçonneuse que le pinceau ou le ciseau à bois !  Alors pourquoi ?  Un homme, je crois, c'est moins difficile à dessiner.... Personne ne vous reproche
  Prière d’un Covidé long   Drôle de vie en demi-teinte que celle d’un Covidé au long cours, dont l’ombre solitaire se promène, comme étrangère à elle-même, avec ses parfums d’autrefois lamés de regrets et ses airs d’avenir parsemés d’incertain… Nos ombres auraient la couleur de nos âmes dit-on aux reflets de nos yeux ! Que vous disent alors mes larmes essuyées d’une main ? Que vous disent de mon âme mes larmes asséchées ? Ne pas renoncer ! Ne pas désespérer !! Chanter sous la pluie et pleurer à chaudes larmes ! Espérer ! Tant qu’elles coulent, c’est que je vis ! De l’autre côté de l’ombre est le soleil… Je suis un époux évaporé, un père perdu, presqu’un souvenir d’un temps qui n’est plus, comme un disparu qui surgit de temps en temps avec un air de déjà vu aux regards de ceux qui l’on aimé et doutent soudain que ce soit lui…     Je suis un pantin désarticulé aux mains expertes d’un artiste devenu fou derrière son rideau, un clown désemparé qui s’agite en vain en grimaçant