Papa!
Papa,
Si j’avais su que dans tes silences
Il y a avait tant de mots
et de tendresse à fleur de peau,
Cachés !
J’aurais appris à les écouter
Comme on écoute le vent
Qui joue au messager.
Si j’avais su que tes peurs indicibles
Portaient si souvent mon prénom
Et que tes larmes se cachaient
Dans l’ombre de tes nuits,
J’aurais appris à les voir
Comme on voit l’eau pure
Qui s’écoule sans bruit.
On croit qu’un Papa ne pleure pas !
On croit qu’un Papa ne tremble pas !
On croit qu’un Papa ne faiblit pas !
Qu’il est dur ! Qu’il est lointain !
Si j’avais su !
J’aurai appris à aimer
Sans voir, les yeux fermés.
Ce petit mot de rien du tout,
C’est ma petite main d’enfant dans la tienne,
Comme un merci murmuré
A la sentinelle que je n’avais pas vue
Dans le silence de la nuit…
Pour dire Merci ! Pour cet amour discret
Qui éclaire aujourd’hui mon chemin!
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