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Au Coronavi Au Coronavi, inconnu il y a peu On passe désormais sa vie comme on le peut. Contrée minuscule aux larges steppes arides, Où le peuple trop nombreux se montre avide D’espaces ouverts, de pâtes, de riz et de jeux. Au Coronavi, le bal est toujours masqué. Bien serré entre quatre murs bien démarqués, Il s’étire en longues files bien espacées De danseurs fébriles, au fond bien tracassés Du risque redouté, affreux, de s’entrechoquer.   Au Coronavi, ce pays bien étrange, Baisers, poignées de mains échangés dérangent, Seuls s’appliquent la distanciation sociale Et les mots échangés sur l’internet glacial. Ô grand Dieu, Ah ! Pourvu qu’ils ne se mélangent !   Ainsi va la vie dans cet espace enfermé Où la solitude   est un devoir affirmé ! Même les morts, hélas nombreux, s’en vont tout seuls Bien enfermés dans leur triste et froid linceul Au Coronavi russe, ce pays décimé !

Au pied de Ta Croix

Au pied de Ta Croix Au pied de Ta Croix, ô mon Doux Jésus, Je dépose ma triste humanité, Tout pétrie du péché originel. Fils d’Adam et d’Eve, je porte en moi La chute fatale qui m’a condamné, L’Espérance qui m’a été donnée.   Au pied de Ta Croix, ô mon Doux Jésus, Je   supplie ici Ta Douce Bonté Qui nourrit de Ton don sacrificiel. Fils d’Adam et d’Eve, je porte en moi Le profond regret d’avoir profané Et l’Espérance d’être pardonné   Au pied de Ta Croix, ô mon Doux Jésus, Je dépose le fardeau tourmenté De mon âme, pêcheur   obsessionnel. Fils d’Adam et d’Eve, je porte en moi Les plaies de mes trahisons forcenées L’Espérance de n’être abandonné.   Au pied de Ta Croix, ô mon Doux Jésus, Je dépose mon cœur épouvanté Tout le bon, tout le mauvais, pêle-mêle Fils d’Adam et d’Eve, je porte en moi La promesse d’un Don attentionné De ton Cœur meurtri, surdimensionné. Au pied de Ta Croix, ô mon Doux J...
La vie entre quatre murs La vie entre quatre murs tourne autour de soi, D’une fenêtre fantasmée presqu’aveugle D’où l’on espère un peu, apercevoir les toits, Et le peuple joyeux aux balcons des immeubles.   La vie tourne à l’infini en tout petits ronds, D’un coin à l’autre, jardins imaginaires, Où l’esprit aperçoit, au loin, des horizons Et divague gaiement d’un pas pendulaire.   Folle, elle s’échappe parfois du haut d’un lit, Et semble voler comme les oiseaux de couleur D’une branche à l’autre de notre mélancolie, Libre d’aller où l’emporte le promeneur.   Elle se cogne soudain au gond d’une porte, Et tombe, toute étourdie, médusée, au sol, A la merci d’un noir ennui qui l’emporte Et sans cœur, bien vite, lui remet sa camisole.   La vie entre quatre murs tourne autour de soi, Pauvresse accrochée à son seul imaginaire, Tournant seule autour de son ennui qui louvoie Du coin sombre à l’autre d’un esp...
Quatre pièces pour rire Quatre pi è ces pour rire   ? Ce qu ’ il nous reste Pour conjurer le pire, d ’ un petit geste   ; Quatre pi è ces pour horizon,   confin é s pour de bon, Quatre pi è ces d ’ oraison, pour retrouver nos dons …   L ’ une pour rire un peu de soi et de nos peurs é veill é es; L ’ autre pour rire parfois avec nos fr è res de captivit é ; Une pour des fous-rires record aux souvenirs é voqu é s Et rendre gr â ce de rire encore, dans nos pi è ces ferm é es.   Et la derni è re pi è ce alors, qu ’ y faisons-nous   ? Y cachons-nous   à nos fr è res aim é s, à genou, Que nos rires ont des larmes qu ’ on ne peut dire   Et des regrets é ternels de n ’ avoir su s ’ agrandir   ?
On veut des bisous On veut des bisous, des vrais câlins, Des embrassades, des poignées de mains, Ne plus laisser seuls dans nos jardins Les p’tits oiseaux chanter sans fin.   On veut de vrais repas de fêtes entre voisins, Partager entre amis un bon verre de vin, Rire ensemble sans appréhender demain, Et vivre joyeux jusqu’à la fin.   Tout ça c’était hier, et c’était bien ! Hier, mes amis, seulement l’air de rien… Et ça reviendra sans doute demain, Mais demain, ça paraît encore bien loin…   On veut des bisous, des poignées de mains, Des embrassades et du bon vin, Sortir un peu hors de nos jardins, Tout ça bien sûr sans attendre demain ! 26/03/2020